analyse fondamentale d'une action

L’analyse fondamentale d’une action

Bonjour à toi Brigadier,

Comment vas-tu ? Je ne sais pas si tu as eu le temps de lire le dernier article de mon frère consacré à « l’investissement sur l’or » ? Si tu ne l’as pas encore fait, suis ce lien pour le retrouver. Attention cet article vaut son pesant de cacahuètes (en or bien évidemment) !

Aujourd’hui, retour sur l’investissement boursier. On va découvrir la base de la Bourse, l’analyse fondamentale d’une action.

L’analyse fondamentale d’une action c’est quoi ?

L’objectif de l’analyse fondamentale d’une action est de connaître de la façon la plus juste la valeur théorique d’une société pour la comparer à sa valeur en Bourse. En d’autres termes, on va analyser la valeur intrinsèque de l’entreprise. Pour se faire, on décortiquera 4 points fondamentaux de cette entreprise :

  • l’environnement économique général
  • son secteur d’activité
  • ses finances
  • sa valeur boursière

L’analyse fondamentale d’une action : Etude de l’environnement économique général

La première étape de l’analyse fondamentale d’une action est l’étude de l’environnement économique général. En effet, il faut que tu saches dans quelle posture se trouve le pays dans lequel tu souhaites investir. il faudra que tu t’appuies sur les indicateurs économiques à ta disposition. Cela pourra être le PIB, le taux de chômage, l’inflation, la production industrielle…). Lorsqu’on étudie l’économie d’un pays ou d’une région, on remarque qu’il existe 4 phases majeures :

  • Phase de croissance (ou de reprise ou d’expansion) : Au cours de cette phase l’activité économique croît et le chômage diminue.
  • Phase de surchauffe : Cette phase est la transition entre une phase de croissance à une phase de décroissance. Cette phase représente le sommet d’un cycle, tous les voyants sont au vert mais pourtant ça ne va pas tarder à exploser. Elle est synonyme de retournement et de changement de phase.
  • Phase de décroissance (ou de récession) : Cette phase représente un ralentissement de l’activité économique et une augmentation du taux de chômage. Lorsque le produit intérieur brut (PIB) est négatif durant deux trimestres consécutifs, tu entendras que le pays concerné entre en phase de récession.
  • Phase de dépression : Cette phase est synonyme d’activité économique faible, d’un chômage élevé et de faillites. Cette phase représente le plus bas d’un cycle, ce qui annonce un retournement et donc une nouvelle période de croissance.

Connaître les différentes phases, va te permettre d’orienter tes investissements sur les secteurs à privilégier en fonction des phases.

 L’analyse fondamentale d’une action : Etude du secteur d’activité

La deuxième étape de l’analyse fondamentale d’une action est l’étude de son secteur d’activité. Il te faudra analyser ses caractéristiques économiques et concurrentielles. Les actions se divisent en deux groupes :

  • Le groupe des cycliques : C’est à dire que ces actions vont suivre l’évolution de l’environnement économique général. En phase de croissance, les résultats de sociétés cycliques sont bons. En revanche, en phase de récession, les résultats réalisés sont moins bons.
    Exemples d’entreprises cycliques : automobile, compagnies aériennes, technologie et industrie.
  • Le groupe des non cycliques : Les actions de ce groupe, auront moins d’interaction avec les différentes phases économiques. Les sociétés qui les composent sont plus constantes dans leurs résultats même dans les phases de récession ou de dépression. Il est à noter que lors des phases de récession, les secteurs non cycliques sont en général privilégiés par les investisseurs. Exemples d’entreprises non cycliques : biens de consommation alimentaire, télécoms, santé ou services aux collectivités.

Maintenant que tu sais vers quels secteurs te tourner en fonction des phases, intéressons-nous aux finances de l’entreprise.

L’analyse fondamentale d’une action : Etude de ses finances

La troisième étape de l’analyse fondamentale d’une action est l’étude de ses finances. Cette étape n’est pas la plus passionnante surtout si tu détestes les chiffres… Il te faudra étudier la société sur le plan financier et économique. L’objectif est de connaître la valeur théorique de la société.

Les personnes qui ont lu cet article ont également aimé :  Des Soldes Chez Ton Assureur

Je vais essayer d’être le plus bref possible mais cette étape est incontournable. Je vais rester dans les grandes lignes et ne parler que du plus important.

Le bilan comptable

Le bilan est un document comptable qui est établi au moins une fois par an. Il présente l’état de l’entreprise et permet de comprendre sa structure financière et son financement. On associe souvent le bilan à une photo de l’entreprise. Le bilan est présenté sous forme de tableau et est constitué de deux parties, les actifs et les passifs :
• L’actif : il représente tout ce qui appartient à l’entreprise.
• Le passif : il représente le financement ou les ressources de l’entreprise qui ont permis à l’entreprise de financer son actif.

Le compte de résultat

Le compte de résultat est un document comptable qui présente l’ensemble des opérations effectuées pendant une période également appelée « exercice ». Les mouvements de l’entreprise au cours de l’exercice sont présentés sous forme de tableaux et constitués de deux parties. :
 Les produits : ils représentent tous les éléments qui vont enrichir la société, comme les ventes de marchandises, la prestation de services, etc.
• Les charges : ils représentent tous les éléments qui appauvrissent la société comme les achats de matières premières, de marchandises, les stocks, les taxes, etc.

Les soldes intermédiaires de gestion

Le solde intermédiaire de gestion permet de décomposer le résultat d’une entreprise pour améliorer l’analyse financière. On peut distinguer trois soldes principaux :

I/ Le chiffre d’affaire (CA)

C’est le montant des affaires réalisées par l’entreprise pendant l’exercice comptable. Il représente le total des ventes des biens et services aux clients.
Il traduit l’importance de l’évolution de l’activité à travers les ventes de l’entreprise.
L’étude de son évolution permet de juger de la santé de l’entreprise :
• Si le chiffre d’affaires est croissant, l’entreprise est dynamique.
• S’il est constant, l’entreprise a une activité stable.
• S’il est décroissant, l’entreprise connaît des difficultés.

II/ L’excédent brut d’exploitation (EBE)

C’est le résultat généré par l’activité de l’entreprise. Il s’agit du résultat avant charges et produits financiers, impôts, dotations aux amortissements et provisions. Il correspond au résultat économique brut lié à l’exploitation courante de l’entreprise. C’est un indicateur de la rentabilité de l’entreprise et de sa capacité à générer de la trésorerie. Il s’agit donc d’un indicateur de la capacité bénéficiaire de l’entreprise.

III/ Le résultat net

Il mesure les ressources nettes restant à la société à l’issue de l’exercice. Il s’agit de la différence entre les produits et les charges de l’exercice. Si les produits sont supérieurs aux charges, alors la société fait des bénéfices sinon elle fait des pertes. Cette notion mesure le résultat avant investissement ou autres opérations modifiant les immobilisations (et avant choix de distribution des dividendes).

L’analyse fondamentale d’une action : Etude de sa valeur boursière

La dernière étape de l’analyse fondamentale d’une action est l’étude de sa valeur boursière. Là on rentre dans le dur ! Tu vas enfin comprendre à quoi correspondent tous les chiffres à côté des courbes de ton courtier. L’objectif est de comparer la valeur en Bourse d’une société par rapport à ses fondamentaux. Ces ratios déterminent si l’action est surévaluée ou sous-évaluée par rapport à sa valeur théorique, par rapport à son secteur et enfin par rapport à son évolution. Tu trouveras toutes ces informations sur le site de ton courtier. Sinon il faudra te rendre sur le site de l’entreprise qui met à disposition sur demande les rapports financiers.

Les personnes qui ont lu cet article ont également aimé :  Comment fixer le prix de ton loyer ?

Capitalisation boursière

C’est la valeur en Bourse de l’entreprise. C’est le cours de l’action multiplié par le nombre d’actions qui forme le capital. Il s’agit du prix théorique à payer si un investisseur souhaitait racheter toutes les actions d’une société. Si le cours de l’action augmente, la capitalisation boursière augmente. La capitalisation boursière permet de comparer des entreprises d’un même secteur entre elles.

Valeur d’Entreprise (VE)

La valeur d’entreprise est une mesure théorique calculée en additionnant la capitalisation boursière et la dette nette de l’entreprise à un instant donné. Elle représente la valeur théorique minimum de rachat de l’entreprise par un investisseur.
La valeur d’entreprise prend en compte le fait que l’acquéreur devient responsable de la dette de la compagnie qu’il achète.
A l’inverse, si l’entreprise n’est pas endettée, la valeur d’entreprise considère que l’acquéreur recevra la trésorerie de la société.
Une société endettée aura donc une valeur d’entreprise plus importante qu’une société qui a de la trésorerie.

Valeur d’Entreprise / Chiffre d’affaires (VE/CA)

Il s’agit ici d’évaluer l’entreprise par un rapport entre sa valeur et le montant de ses ventes. Ce rapport permet d’établir une « norme » par secteur d’activité qui permet de comparer les entreprises d’un même secteur. Ainsi, une société endettée aura une valeur d’entreprise importante, et par conséquent un ratio VE/CA élevé et sera jugée plus chère.

Valeur d’Entreprise / Excédent brut d’exploitation (VE/EBE)

Cette équation est utilisée pour déterminer la valeur d’une société. Un ratio faible signifie que l’entreprise doit être sous-évaluée. Ce ratio n’est pas affecté par la structure du capital de la compagnie. Il est intéressant pour les acquéreurs potentiels car il prend en compte la dette de la société.

Le Bénéfice net par action (BNPA)

Le BNPA désigne le bénéfice net revenant à chaque action. Il est calculé à partir du résultat net de l’entreprise divisé par le nombre d’actions. Il permet de connaître la part de bénéfice attribué à chaque action. Ceci permet une comparaison sur plusieurs années alors même que le nombre d’actions a pu évoluer. Il convient d’examiner l’évolution du BNPA d’une année sur l’autre pour déterminer si une société peut améliorer ses bénéfices.

Le Price Earning Ratio (ou PER)

Il s’agit du rapport cours/bénéfice, le PER mesure le nombre de fois où le bénéfice net par action est contenu dans le cours de Bourse ou autrement dit le prix auquel l’actionnaire accepte de payer une rentabilité équivalente à n fois le résultat net. Il est calculé par le cours de Bourse divisé par le bénéfice net par action. Ou également par la capitalisation boursière divisée par le bénéfice net. Il sert surtout à comparer la valeur d’une société par rapport à son secteur d’activité, ou encore à la situer par rapport à sa valeur haute et à sa valeur basse historique. Pour le calculer, rien de plus simple, il suffit de diviser le cours de l’action avec l’estimation du BNPA de l’année en cours. Le PER est déjà calculé par ton courtier pour les deux années à venir.

Le rendement net

Il donne le rendement que procure le dividende pour une action. Il est calculé en pourcentage et représente le dividende divisé par le cours.

Le taux de distribution

Le taux de distribution est la part des bénéfices que l’entreprise redistribue à ses actionnaires sous forme de dividendes. Il s’exprime en pourcentage et est calculé à partir du dividende par action sur le BNPA. Un taux de distribution faible peut indiquer que l’entreprise préfère privilégier ses investissements à la distribution de dividende et à l’inverse un taux de distribution élevé peut indiquer que la société reverse une forte partie de ces bénéfices directement en dividendes.

Valeur comptable par action (Book Value Per Share ou BVPS)

Cette valeur permet de savoir si une société est surévaluée ou sous-évaluée par rapport à la valeur de l’action. Elle est calculée en ramenant le Book Value sur le nombre d’actions.
La BV (Book Value) représente les capitaux qui restent à l’entreprise une fois qu’elle a couvert l’intégralité de ses dettes et engagements. Si la compagnie fait un bénéfice qui n’est pas entièrement redistribué aux actionnaires (l’entreprise met le bénéfice en réserve), la BV augmente. Si l’entreprise enregistre des pertes, la BV diminue. Si la BV est négative, cela signifie que les placements sont inférieurs aux engagements et que la compagnie est insolvable.
Si la BVPS est supérieure au cours actuel de l’action, l’action est sous-évaluée. A l’inverse, si le cours de l’action est nettement supérieur à la valeur comptable par action, l’action est surévaluée.

Les personnes qui ont lu cet article ont également aimé :  La préparation opérationnelle, notre liste indispensable

Valeur nette de l’actif par action (Book Value ajustée)

Cette valeur est utilisée pour savoir si un titre est surévalué ou sous-évalué par rapport à la valeur de l’actif. Il est calculé en prenant en compte l’actif net sur le nombre d’actions. La valeur nette de l’actif prend en compte des plus-values potentielles. En général, c’est le montant qu’un investisseur recevrait s’il revendait ses parts à l’entreprise.

Le Price to Book Ratio (PBR)

Ce ratio est utilisé pour comparer la capitalisation boursière de l’entreprise avec sa valeur comptable. Il est calculé en faisant le rapport entre le cours de l’action et la valeur comptable (les capitaux propres). Un PBR en dessous ou proche de 1 signifie que l’action est sous valorisée. A l’inverse, un PBR supérieur à 2 peut indiquer que l’action est survalorisée.

Je reconnais que cette partie de la Bourse est assez indigeste mais une fois que tu te seras familiarisé avec tous ces chiffres, cela deviendra un automatisme pour toi et tu prendras presque du plaisir à décortiquer les données des entreprises dans lesquelles tu veux investir. 🙂

Ce qu’il faut retenir : Schéma de l’analyse fondamentale d’une action

Le cheminement de l’analyse fondamentale d’une action est très simple.

  1. Tout d’abord tu vérifies que l’environnement économique général de la zone dans laquelle tu veux investir est bien orienté.
  2. Ensuite tu vérifies que le secteur dans lequel se trouve ton action soit compatible avec l’environnement économique. Action cyclique ou non-cyclique.
  3. Tu vérifies les finances de ton entreprise. Evolution du chiffre d’affaire, son taux d’endettement…
  4. Enfin, tu analyse les données boursières de ton entreprise (BNPA, PER, PBR…) afin de voir si elle sous-cotée ou non.

Cet article sur l’analyse fondamentale d’une action touche à sa fin. J’espère que je ne t’ai pas perdu dès la deuxième ligne… Une fois que tu auras acquis ces automatismes, tu seras libre et tu pourras analyser tout seul tes actions et ne plus dépendre des analyses des “experts”. Maintenant que tu connais les bases, dans un prochain article, je te montrerai un cas concret d’analyse fondamentale d’une action.

Partage cet article avec nos camarades, suis-nous sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter, Instagram et Youtube. Parle de nous autour de toi, tu es notre seule pub.

Inscris-toi à la newsletter en téléchargeant gratuitement ton ebook pour faire des milliers d’euros d’économies pour être sûr de ne louper aucun article.

Garde-toi en forme, fais attention sur le terrain.

A très vite sur le blog ou le terrain.

Take Care.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  

About the author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous êtes libre de télécharger gratuitement notre Ebook pour économiser des milliers d'euros chaque année! ;-)